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Etre bienveillant? Mais il n'écoute rien!!!

Dernière mise à jour : 24 mars 2020



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On a beau être sensible à l’éducation positive et bienveillante, aux neurosciences affectives et sociales, y a des jours où être bienveillant ce n’est pas facile. Et donc la tentation de se demander si la bienveillance n’est pas une chimère devient grande dans les moments difficiles.

La question est ici de savoir si cela vient de l’enfant ou de nous-mêmes. On aurait une tendance naturelle à accuser l’autre d’augmenter notre niveau de stress dans un moment où on est déjà soit même fatigué, en proie au doute, inquiet: “j’ai envie de calme et lui est dans l’agitation”, “il saute partout, il n’écoute pas ce que je lui dis, pourtant je l’ai averti, on a mis en place des règles” … Oui. Mais toi, as-tu écouté ce qu’il était en train de dire à travers son comportement? As-tu écouté ce que toi tu exprimes par ton comportement? Sais-tu écouter?


Dans le cadre des ateliers philosophiques que j’anime dans des écoles, et des échanges que j'ai eu avec d'autres animateurs, malgré notre belle volonté de transmettre des valeurs de tolérance, de bienveillance, de poser un cadre qui soit propice au bon déroulement des ateliers philos, bah les enfants parfois ne “jouent pas le jeu”. Comme si arriver avec les meilleures intentions du monde allait modifier le comportement d’enfant qui ont eux-mêmes des habitudes, des identités et des rôles qu’ils se construisent en fonction de leur place dans la famille et à l’école. Alors quand en atelier philo, on arrive avec les méthodes pour garantir un climat bienveillant qui serait propice au bon développement de l’enfant, et qu’on vit des moments difficiles, où l’enfant est agité, excité, contradictoire, quand on arrive en posant le cadre des ateliers et en invitant les enfants à édicter ces règles pour qu’elles viennent d’eux mêmes, et ainsi favoriser l’autonomisation et la responsabilisation des enfants, et que ça ne fonctionne pas, on vit un grand moment de solitude; et il est plus facile dans ces moments de remettre en question la méthode que soi-même. Mais je ne me décourage pas, comme disait Nietzsche, "ce qui ne me tue pas me rend plus fort".


De mon analyse il en ressort plusieurs choses:


1/ Les élèves savent donner les bonnes réponses


Et oui, à l’école, c’est le jeu favori en classe, ils sont malins! L’enseignant questionne et attend la ou les bonnes réponses. Alors je crois que les enfants savent comment nous donner le sourire quand on les questionne sur “quelles sont les règles que vous pouvez mettre en place pour discuter tous ensemble?” Je vous garantis qu’ils savent exactement ce qu’il faut dire. Mais sitôt dit, sitôt passé à autre chose. Il m’est arrivé d’avoir un élève qui m’a dit: on ne parle pas à son voisin, et la seconde d’après, il parlait avec son voisin. Le manque de congruence était d’une force impitoyable, un poignard dans le cœur de ma fierté, moi qui croyais anticiper correctement l’atelier philo en éditant des règles. Je me suis sentie attaquée par cette attitude, en me surprenant à penser “mais comment ose-t-il enfreindre sa propre règle (entendez, juste à côté de moi)?” … Justement, ce n’était pas sa propre règle. C’est LA règle, la bonne réponse, et il me l’a donné car je l’ai demandé. Alors je remercie de tout cœur cet enfant parce que grâce à lui je me suis remise en question. Et j’ai cherché des réponses. Que j’ai trouvé auprès d’une collègue art-thérapeute, et le tout réside dans une formulation qui m’a bouleversé: